Stéphanie Derwael  est historienne de l'art et archéologue de l'Antiquité gréco-romaine. Ses recherches sont consacrées à la culture matérielle et visuelle du monde romain. Elles consistent en une approche transmédiale et sociétale de l’art et du système ornemental, appréhendés sous l’angle des transferts culturels en Méditerranée antique, et portent plus particulièrement sur l’imaginaire végétal, l’hybridité et le concept de frontières.

Contact
s.derwael@uliege.be

Thèse de doctorat
Thèse réalisée en cotutelle entre l'ULiège (dir. Th. Morard) et la Sorbonne (dir. G. Sauron), et publiée en 2023 aux éditions Brepols : La tête végétalisée dans les décors romains. Origine d'un thème ornemental.

Publications
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Recherches post-doctorales:
Chercheuse qualifiée F.R.S.-FNRS
Lauréate Marie Skłodowska-Curie Postdoctoral Fellowship (2025)
Chargée de recherches F.R.S.-FNRS (2021-2024)
Attachée scientifique Gallo-Romeins Museum, Tongeren (2017-2021)

Chercheuse qualifiée F.R.S.-FNRS
Programme VegArch
La végétalisation de l'architecture antique :
jardins et décors végétaux du IIe s. av. J.-C. au VIe s. apr. J.-C.
Approche multiscalaire de l'expérience de la nature dans le monde romain

VegArch

© Stéphanie Derwael

Présentation

Les formes végétales constituent assurément l’un des thèmes les plus féconds de l’art romain. Plantations artialisées des jardins et variantes figurées des décors envahissent tous les espaces de vie, ponctuant le bâti d’une végétation plus ou moins discrète ou prodigue. L’abondance des nouvelles découvertes et l’attention accrue portée aux écofacts dans les provinces soulignent la nécessité de synthèses régionales et d’une étude comparative globale. Le programme VegArch vise à étudier la végétalisation de l’architecture dans l’ensemble du monde romain, du IIe s. av. J.-C. au VIe s. apr. J.-C., dans une perspective totale et interdisciplinaire conjuguant les approches formelle, sémantique, phénoménologique et sociétale. À travers l’analyse comparative transmédiale et des études de cas approfondies et contextualisées, il s’agira d’éclairer les modalités de coordination entre architectes, imagiers et jardiniers pour établir comment les diverses formes végétales (inter)agissent et dialoguent avec leur environnement construit, paysager et humain, définir leur spectre sémantique et préciser leur rôle dans l’expérience polysensorielle des espaces bâtis, entre perspectives globale et locales.

Dans une société où les mondes sensibles et numineux sont imbriqués selon une pensée analogique dans le rapport à la nature, la végétalisation de monuments construits, empreintes physiques de l’humain sur son environnement et lieux de différentes expériences du réel, pose la question du rôle de l’imaginaire végétal dans la relation des Romains à la nature. Ce projet soulève donc une problématique historique d’actualité, celle du rapport de l’homme à son environnement naturel. Il remettra nos disciplines au cœur de la réflexion sociétale en invitant à repenser l’opposition moderne entre nature et culture, à réfléchir aux façons dont la végétalisation de l’architecture peut refléter, voire conditionner, notre rapport au monde.

 

Marie Skłodowska-Curie Postdoctoral Fellow (2025)
Vegetalising Ancient Architecture.
A Multi-scalar Approach of the Relationship with Nature: Gardens, Vegetal Décors and Architecture in Gallo-Roman Sanctuaries (1st-3rd c. AD).

MSCA

© Site archéologique gallo-romain de Châteaubleau © Fondation du patrimoine - La Riobé / S. Blin

Lauréate du concours en 2025, rattachée au laboratoire AOrOc CNRS-ENS-PSL, UMR 8546. Projet non réalisé suite à l'obtention du titre de chercheuse permanente du F.R.S.-FNRS.

Présentation

Amid today’s environmental challenges, the long-standing Western divide between nature and culture is increasingly being called into question. Roman Antiquity, a significant period in our past, helps us reconsider such opposition. For the Romans, maintaining a harmonious relationship with ‘nature’ was essential to sustaining order and prosperity, as it was not a mere physical environment, but a subversive force, a realm intertwining the sensory with the divine. The use of real and iconographic vegetation in the living spaces was a central concern. The VegArch project aims to explore this vegetalisation within the specific context of Gallo-Roman sanctuaries of the 1st-3rd c. AD. From the penetration of Italic traditions to an unprecedented ‘hypervegetalisation’ of architecture, this greening has long been explained by a presumed persistence of Celtic naturalism or a mere decorative trend. Its role in shaping the experience of nature, the cosmos, and the divine can now be addressed with the expanding archaeological data and ecofacts and through an interdisciplinary approach. The vegetal forms will be gathered and compared in a trans-medial analysis, considering real and artificial forms as one and the same vegetal art and the sanctuary as a unitary system. This formal step will highlight the specificities of Gallo-Roman contexts in a global/local perspective. Through comprehensive and contextualised case studies, the vegetal forms will then be analysed in their spatial, temporal and sensory dimensions to reveal their polysemic value and how they engage the senses and shape the experience of the sacred. The resulting synthesis will contribute to the cultural history of vegetalisation of Western architecture, helping to unveil the relationship with nature in ancient societies, questioning our own practices and beliefs. The VegArch project will open numerous new perspectives and foster long-term European collaborations.

 

Chargée de recherches F.R.S.-FNRS (2021-2024)
L’hybride humano-végétal dans les décors et l’imaginaire romains

Diphuès_photo présentation

© Stéphanie Derwael

Présentation

Les figures humano-végétales envahissent les décors romains dès la moitié du Ier s. av. J.-C. Héritières du bagage formel, symbolique et religieux de leurs homologues grecs, elles font l’objet d’une diversification formelle et syntaxique sans précédent, expression d’un renouvellement symbolique inédit. Parfois discrètes, elles sont victimes de la dévalorisation moderne de l’ornement, et n’ont jusqu’à présent suscité que peu d’intérêt. Leur mise en série laisse pourtant entrevoir toute l’originalité et l’importance de cet élément dans l’imaginaire romain.

La végétalisation de la figure humaine sert d’épithète iconographique : elle manifeste une prérogative de certains dieux, « Maîtres de la végétation ». Mais ces figures constituent-elles de simples gages de fertilité et de renouveau ? Leur hybridité-même, jusqu’à présent ignorée, est fondamentale. Car l’hybride, altérité née de la confrontation à la nature, est relégué aux extrémités du monde où il marque symboliquement une limite qui distingue sans exclure, et symbolise un ailleurs rendu bénéfique par l’action de la puissance impériale. Les figures végétalisées du monde romain évoqueraient ainsi des forces subversives de diverses natures, évoluant aux marges de l’espace civique et garantissant, par l’expérience de la transgression, la stabilité de l’ordre cosmique, concept central de l’idéologie romaine. Cette lecture inédite du motif repose sur une triple approche : l’examen formel et syntaxique des images (prises en compte, notamment, dans leur dimension spatiale), l’analyse de leurs contextes d’utilisation et des milieux socio-culturels dans lesquels elles apparaissent, et l’étude du sentiment de la nature.

Cette recherche, qui s’appuie sur la confrontation des sources littéraires et matérielles, éclaire sous un angle nouveau le langage visuel des Romains, et soulève une problématique historique dont on mesure pleinement l’actualité. Celle du rapport de l’homme à la nature, du rapport entre nature et culture.

Le corpus issu de ce projet de recherches constituera le second volet de la base de données Diphuès – iconothèque de l’hybride humano-végétal, outil de recherche, d’échange et de dialogue mis à disposition de la communauté scientifique internationale en open access.

 

Attachée scientifique
Gallo-Romeins Museum, Tongeren (2017-2021)

GRM_Derwael

© Gallo-Romeins Museum, Tongeren

Commissaire – Exposition Dacia Felix. Grandeurs de la Roumanie antique /
Dacia Felix. Het roemrijke verleden van Roemenië

À l’occasion du festival artistique et sociétal Europalia 2019-2020, la Roumanie était mise à l’honneur à travers trois expositions tenues au musée Grand Curtius à Liège (Préhistoire), au Gallo-Romeins Museum de Tongres (Antiquité, du 19 octobre 2019 au 26 avril 2020) et à Bozar à Bruxelles (art contemporain).

La Roumanie occupe une position géographique unique et exceptionnelle, au croisement du monde méditerranéen, de l’Asie et de l’Europe. Elle constitue un carrefour de cultures, un lieu de contacts et d’échanges qui s’est construit dans la diversité, dans le mélange permanent d’éléments autochtones, immigrés et importés. Les objets, sélectionnés dans 28 musées européens, illustraient l’histoire et les interactions entre les Romains, les Daces, les Gètes, les Grecs, les Scythes et les Celtes, présentés dans un ordre stratigraphique amenant les visiteur·euses à plonger toujours plus loin dans le passé roumain, découvrant les origines de certaines traditions. Après contextualisation géo-historique, ces peuples étaient examinés à travers leur culture matérielle et figurée, révélatrice de leurs pratiques, croyances et visions du monde. Une attention particulière fut aussi accordée aux mouvements de populations et contacts interculturels, invitant à réfléchir sur les transformations de nos propres sociétés, sur la nature des influences et des échanges qui forgent l’identité, ou les identités, d’une région. Il s’agit à la fois de phénomènes lents, imperceptibles, et de changements directement sensibles dans la vie quotidienne.

Catalogue de l'exposition

Chargée de recherches – Projet Mapping the Civitas Tungrorum

Le projet Civitas Tungrorum, dirigé par le conservateur du musée G. Creemers, visait à renouveler l’exposition permanente en faisant coïncider le territoire couvert par les collections et la présentation non plus avec l’actuelle province du Limbourg, mais avec l’ancienne civitas Tungrorum, territoire de la cité de Tongres. Dans ce travail, qui a donné lieu à plusieurs rapports et est en cours de publication, la cartographie de la cité a été abordée 1) historiographiquement (état de l’art de la cartographie de la cité depuis le XVe s.), 2) théoriquement (sources utilisées pour délimiter les frontières : cartographie, arpentage, relevés topographiques, continuité supposée des frontières celtiques, romaines et diocésaines, etc.), 3) idéologiquement (concept de frontières, idéologie des marges du monde habité et des peuples des confins, ethnogénèse des Tungri), 4) par la compilation et l’analyse des sources littéraires, archéologiques, épigraphiques et toponymiques permettant de proposer une estimation de l’emplacement des frontières de la cité. Dans ce contexte, la collaboration avec V. Van Thienen (UGent) a permis d'établir le cadre géographique des sites et découvertes de la base de données Mapping the Civitas Tungrorum : http://www.gis3700.be/grm/civitas/. Une campagne de prospections a en outre été menée avec G. Creemers (conservateur) et E. Hartoch (coordinatrice Recherches & Bibliothèques) dans les musées et dépôts archéologiques de Belgique et des Pays-Bas, afin de constituer un réseau de collaboration scientifique (recherche et expertise) et touristique autour de la civitas Tungrorum.

Recherche – Service des expositions

Exposition Face à face avec les Romains / Oog in oog met de Romeinen (du 6 février 2021 au 1er août 2021)

Participation à la conception du scénario et des textes de l’exposition.
À travers cette exposition reposant sur 250 chefs-d'œuvre du British Museum, le monde romain était présenté à la fois dans son unité et sa diversité, à travers des capsules provinciales illustrant les points communs des différentes régions de l’empire avec l’Italie ainsi que leurs spécificités, entre perspectives globale et locales.

Exposition Stonehenge – Au-delà du mystère / Stonehenge – Voorbij het mysterie (du 13 octobre 2018 au 21 avril 2019)

Participation à la traduction des textes de l’exposition du néerlandais vers le français.
Conférence : Stéphanie DERWAEL, Stonehenge. Au-delà du mystère, Cercle historique « Terre de Durbuy », Maison des mégalithes de Wéris, le 01 mars 2019.

Recherches sur de potentiels sujets d’exposition

Dossiers de recherche et projets d’expositions temporaires sur 1) Agrippa et son travail dans la réorganisation de nos régions, 2) l’armée romaine et la présence des Tungri dans les troupes auxiliaires.

modifié le 03/02/2026

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