Soutenues avant 2010
λεως τῷ φοροῦντι. Sérapis sur les gemmes et les bijoux antiques
Thèse de doctorat réalisée à l’Université de Liège ; mandat d’aspirant du F.R.S.-FNRS entre 2004 et 2008.
Soutenue à Liège le 14 mai 2008 et délivrée sans mention (conformément au décret Bologne du 31 mars 2004). Membres du jury : Robert Laffineur (directeur ; ULg) ; Michel Malaise (président ; ULg) ; Vinciane Pirenne-Delforge (secrétaire ; ULg) ; Laurent Bricault (Toulouse), Pierre Koemoth (ULg), Jean-Louis Podvin (Boulogne-sur-Mer).
Après la conquête de l’Égypte par Alexandre le Grand, la déesse Isis se voit attacher, probablement à l’initiative de Ptolémée Sôter, un nouvel époux du nom de Sérapis, qui n’est autre que l’Osiris-Apis memphite transféré à Alexandrie pour y recevoir une image nouvelle, purement grecque. Cette entreprise marque le point de départ d’un phénomène que nous appelons aujourd’hui la diffusion des cultes isiaques. Sept siècles durant, Sérapis et les siens essaiment dans le monde gréco-romain et attirent une audience de plus en plus large et diversifiée avant de succomber au triomphe du christianisme.
Cette diffusion s’opère en fonction de vecteurs variés et notamment par le biais de supports matériels. Au même titre que les monnaies dans le domaine public, les objets de dimensions modestes que sont les gemmes et les bijoux favorisent le développement des cultes isiaques dans les sphères privées en véhiculant une iconographie multiple. C’est ainsi que Pline l’Ancien observe que, de son temps, « même les hommes commencent à porter à leurs doigts l’effigie d’Harpocrate et les images des divinités égyptiennes ». Cette vogue dont témoigne le grand érudit romain n’a toutefois guère éveillé l’intérêt des chercheurs pour cette documentation.
Cet ouvrage vise à montrer combien ces objets, malgré leur petite taille, sont précieux pour nous aider à comprendre ce que sont les cultes isiaques et à mesurer l’étendue de leur succès. Il s’organise autour d’un catalogue réunissant plus de 1250 documents, souvent méconnus ou inédits, portant l’image ou le nom de Sérapis. Les gemmes et les bijoux montrent une richesse iconographique, jusqu’ici insoupçonnée, qui a permis d’élaborer une fine typologie. Traditionnellement considéré comme un maître des ombres trônant avec le Cerbère infernal, Sérapis y apparaît, plus que sur tout autre support, comme un être insaisissable, aux apparences multiples, en buste, trônant, debout ou allongé, qu’il soit seul, accompagné ou assimilé à d’autres divinités.
Si les artisans, graveurs et bijoutiers, se sont inspirés de schémas iconographiques circulant dans le domaine public, en particulier sur les monnaies, ils ont aussi innové pour exprimer des sentiments personnels ou répondre aux attentes de leur clientèle. Percer le sens de ces images est une entreprise parfois aussi difficile que de déterminer les raisons du port de ces objets. Si certains ont pu simplement servir de parure, de sceau ou de souvenir, d’autres ont été destinés à afficher une adhésion religieuse, à solliciter une protection ou à satisfaire une pratique magique. Redécouvrir ces gemmes et ces bijoux ne peut manquer de nous toucher parce qu’ils ont été portés durant l’Antiquité par des individus ordinaires qui, d’une manière ou d’une autre, ont attendu de Sérapis qu’il soit ἵλεως τῷ φοροῦντι, « propice au porteur ».
Hommage le 25 mars 2011 à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (Paris) : R. Turcan, CRAI, 2011/1, p. 680-682.
Recensions : V. Gasparini, BMCR 2011.06.46 ; St. Briaud, LEC, 78, 2010, p. 410-411 ; G. Dembski, Tyche, 26, 2011, p. 396-397 ; L. Puccio, Kernos, 25, 2012, p. 368-369 ; A. Chaniotis, Kernos (EBGR), 25, 2012, p. 230, n° 171 ; J. Balty, AC, 81, 2012, p. 549-551 ; G. Tallet, RA, 2012/2, p. 426-429 ; P. P. Koemoth, Latomus, 72, 2013, p. 305-308 ; G. Sotomayor, BiOr, 70, 2013, p. 412-414 ; J. Lang, Gnomon, 85, 2013, p. 256-262 ; G. Renberg, BABesch, 88, 2013, p. 282-283.
Publication : R. Veymiers, Ἵλεως τῷ φοροῦντι. Sérapis sur les gemmes et les bijoux antiques, Mémoire de la Classe des Lettres. Collection in-4°, 3e série. Tome I, n° 2061, Bruxelles : Académie royale de Belgique, 2009, 608 p.
Les médecines religieuse et rationnelle en Carie, durant l’Antiquité classique : l’apport de l’archéologie
Liège 2005.
Sous la direction de R. LAFFINEUR.
Recherches sur l’iconographie et le culte de Dionysos en Asie Mineure
Liège 1999.
Sous la direction de R. LAFFINEUR.
Burial Evidence and its Religious Connotations in Prepalatial and Old Palace Minoan Crete
Liège 1996.
Sous la direction de R. LAFFINEUR.
L’orfèvrerie rhodienne orientalisante
Liège 1978.
Sous la direction de L. LACROIX.
La céramique daunienne. Essai de typologie
Liège 1975.
Sous la direction de L. LACROIX.
L’humour et la caricature dans les terres cuites hellénistiques
Liège 1953.
L’art du portrait en Grèce
Liège 1943.
Études sur la céramique romaine provinciale
Liège 1933.
L’esprit décoratif dans la céramique grecque à figures rouges
Liège 1908.
