Michael MAILFERT (doctorant contractuel Université de Strasbourg)  
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Panem, circenses … et thermas ? Etude historique et politique entre thermes et pouvoir dans la Rome impériale (Ier s. av. J.-C. - IVe s. ap. J.-C.)
Thèse de doctorat réalisée en cotutelle internationale entre l'Université de Strasbourg et l'Université de Liège, sous la direction d'Eckhard WIRBELAUER et de Thomas MORARD, au bénéfice d’un contrat de doctorant contractuel UStrasbourg (ED 519, UMR 7044 Archimède) entre 2018 et 2022.

Soutenue à Strasbourg le 11 septembre 2025 et délivrée sans mention (conformément au décret Bologne du 31 mars 2004). Membres du jury : Yann BERTHELET (président ; ULiège), Andrea BINSFELD (secrétaire ; Université de Trèves),  Thomas MORARD (ULiège), Christian ROLLINGER (Université de Trèves), Konrad VÖSSING (Université de Bonn) & Eckhard WIRBELAUER (Université Strasbourg).

Les thermes étaient dans l’Antiquité des lieux d’échanges quotidiens où battait le cœur de la ville romaine. De nombreuses théories ont voulu faire de ces espaces tantôt des « palais pour le peuple » où se délassait un prolétariat sans emploi dans un luxe digne des classes sociales les plus élevées, tantôt des lieux de nivellement social où les plus pauvres côtoyaient les plus riches. Notre étude aspire à dépasser ces présupposés et à traiter en profondeur la dimension sociale et politique des thermes en nous intéressant plus particulièrement à la situation de la ville de Rome. Capitale de l’empire et résidence de son souverain, l’Vrbs était une véritable mégapole antique dont la population, la plebs urbana, possédait une importance politique majeure dans la société impériale. Il s’agira de comprendre le rôle des thermes parmi les différents rouages ayant contribué au bon fonctionnement de cette mécanique antique.

Après une analyse terminologique et chronologique visant à clarifier la notion de « thermes » ainsi que l’apparition de ces derniers dans le paysage monumental de la cité, notre intérêt se portera sur les interactions sociales au sein de ces établissements. Si la place de chacun n’est pas codifiée de manière aussi stricte que dans l’amphithéâtre par exemple, on peut néanmoins s’interroger sur le degré de mixité sociale qui y régnait réellement quand on connait l’attachement des classes supérieures romaines à leurs privilèges.

Notre enquête se propose par ailleurs d’aborder les thermes comme des outils de communication pour le pouvoir impérial. La monumentalité et le luxe de ces bâtiments laissent ainsi à penser qu’ils étaient des signes de la générosité de l’empereur, de même que la durabilité du phénomène de leur construction et de leur entretien (fin Ier s. av. J.-C. – début IVe s. ap. J.-C.) pourrait être un symbole concret de la pérennité du pouvoir. Réciproquement se pose aussi la question du rôle de la plebs urbana qui pouvait réclamer de tels édifices à l’empereur en échange de son soutien politique. Les thermes seraient-ils une inconnue jusque-là oubliée de l’équation du « système d’acceptation » impérial dont les termes les plus célèbres sont le pain et le cirque ?

 

Panem, circenses… et thermas ? Historical and Political Study of Baths and Power in Imperial Rome (1st c. BC - 4th c. AD)

The thermae were, in Antiquity, places of daily interactions where the heart of the Roman cities did beat. In the past centuries, numerous scholars have understood these spaces either as “palaces for the people” in which the jobless proletariat relaxed in a luxury worthy of the highest social classes, or as places of social levelling where the poorest mingled with the richest. The present research aspires to overcome such assumptions and to deal thoroughly with the social and political dimension of the thermae by emphasising the situation of the city of Rome. The case of Rome is indeed unique, as it was the capital of the empire and the residence of its sovereign. Moreover, its population, the plebs urbana, held a politically key role in the imperial society. The purpose of this study is to understand which part the thermae played in the proper functioning of such an antique megacity.

Following a terminological and chronological analysis in order to clarify the concept of “thermae”, as well as their emergence in the monumental landscape of the city, our interest shall concentrate on the social interactions within these amenities. While each individual’s place was not as strictly codified as in the amphitheatre for example, one may nonetheless ask which degree of social mingling prevailed here. Especially when one considers how much Roman upper classes cared for their privileges.

Furthermore, this investigation will deal with the thermae as tools of communication used by the imperial power. The monumentality and luxury of such facilities could indicate that they were signs of the emperor’s generosity, whereas the long-lasting phenomenon of their building and maintenance (end 1st c. BC – beginning 4th c. AD) may be a material symbol of the continuity of the established authority. Conversely, the question of the role played by the plebs urbana demanding of its emperor such structures in return for its political support has to be raised. Were the thermae a forgotten variable in the equation of the imperial “acceptance-system” whose best-known elements are bread and circuses?

Charles WASTIAU (aspirant FRS-FNRS)  
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De l’Antike au Christentum. Les personnifications dans l’imagerie paléochrétienne en Occident (IIIe–Ve s.)

Thèse de doctorat réalisée en cotutelle internationale entre l’Université de Liège et la Rheinische Friedrich-Wilhelms-Universität Bonn, sous la direction de Thomas MORARD et Sabine SCHRENK, au bénéfice d’un mandat d’aspirant du F.R.S.-FNRS entre 2018 et 2022.

Soutenue à Liège le 26 septembre 2024 et délivrée sans mention (conformément au décret Bologne du 31 mars 2004). Membres du jury : Matteo BRACONI (Università degli Studi Roma Tre), Thomas MORARD (ULiège), Sabine SCHRENK (secrétaire ; UniBonn), Benoît VAN DEN BOSSCHE (président ; ULiège), Catherine VANDERHEYDE (Université de Strasbourg & ULB) & Konrad VÖSSING (UniBonn).

Dans l’imagerie chrétienne des provinces occidentales de l’Empire romain, les personnifications jouent un rôle marginal mais significatif. Leurs formes et leurs fonctions s’inscrivent dans la continuité de leurs antécédents et de leurs contemporains "païens", qui, jusqu’à présent, n'ont pas été suffisamment pris en compte dans l’analyse des monuments chrétiens. En effet, toutes ces images participent d’un même langage iconographique, celui de l’Antiquité tardive, encore trop souvent envisagé de manière fragmentée, victime des spécialisations académiques et institutionnelles.

La thèse de doctorat « De l’Antike au Christentum – Les personnifications dans l’imagerie paléochrétienne en Occident (IIIe–Ve s.) » a eu pour objectif d’analyser les personnifications de l’imagerie chrétienne, en particulier Caelus, Sol & Luna et les personnifications des eaux, en les réinsérant dans les traditions iconographiques auxquelles elles appartiennent. Cet exercice a permis d’obtenir de nouveaux résultats sur les fonctions et les significations assumées par ces figures. Par exemple, Sol et Luna véhiculent toujours l’idée d’éternité, et ce depuis au moins le Ier s. apr. J.-C. Le travail a également été le laboratoire de réflexions sur les liens entre imageries chrétienne et non chrétienne, les personnifications étant un dénominateur commun pertinent. Il a été entre autres démontré que les rapports généalogiques généralement admis doivent être révisés, par exemple Caelus sous les pieds du Christ ne participe pas à l’impérialisation de ce dernier. En réalité, l’utilisation des personnifications dans l’imagerie chrétienne, malgré les différences de contextes a confirmé une compréhension commune aux imagiers de cette période – païens et chrétiens – qui utilisèrent les mêmes figures dans des buts similaires. Enfin, ces observations d’ordre iconographique ont été le point de départ d’une réflexion plus approfondie sur l’ontologie des personnifications. Après tout, dans l’imagerie païenne, elles sont souvent considérées comme des divinités, mais lorsqu’elles apparaissent en contexte chrétien, elles semblent ne plus avoir de lien avec celles-ci, quand bien même leur forme et leurs fonctions ne changent pas. Sur cette base, une nouvelle hypothèse a été élaborée pour comprendre l’apparition des schémas antiques contenant des personnifications dans l’imagerie chrétienne au IIIe s. et leur disparition au début du Ve s.

En conclusion, cette thèse de doctorat, par le biais de l’étude des personnifications, propose une nouvelle compréhension de certaines « voies de la création en iconographie chrétienne », entendue comme un pan de l’imagerie tardo-antique.

 

From the Antike to the Christentum. Personification in the Early Christian Imagery of the Western Provinces (IIIrd–Vth c.)

In the Christian imagery of the western provinces of the Roman Empire, personifications occupy a marginal yet significant role. Their forms and functions are situated within the continuity of their "pagan" antecedents and contemporaries, which have, until now, been insufficiently considered in the study of the Christian monuments. These images are all part of a common iconographic language of Late Antiquity, a period that is still too often approached in a fragmented manner because of the academic and institutional specializations.

The doctoral dissertation, From the Antike to the Christentum. Personification in the Early Christian Imagery of the Western Provinces (IIIrd–Vth c.), seeks to examine the role of personifications within Christian art, focusing on figures such as Caelus, Sol & Luna, and the personifications of water, by inscribing them into the broader iconographic traditions to which they belong. This approach has yielded new insights into the functions and meanings these figures conveyed. For example, Sol and Luna continue to represent the notion of eternity, as they had done since at least the 1st century AD. The study also served as a critical space for rethinking the connections between Christian and non-Christian imageries. The research demonstrates that widely accepted genealogical relationships must be reconsidered; for instance, Caelus beneath Christ’s feet does not contribute the imperialization of Christ. Instead, the use of personifications in Christian contexts—despite variations in setting—points to a shared visual vocabulary among image-makers of this period, both pagan and Christian, who employed these figures for analogous purposes.

While often regarded as gods in "pagan" art, scholars consider that personifications in Christian contexts sever ties with their divine connotations, even though their forms and functions remain consistent. The iconographic observations provided a foundation for deeper inquiry into the ontology of personifications. Furthermore, on the basis of these reflections, this study proposes a new hypothesis to explain the emergence of antique motifs featuring personifications in Christian imagery in the 3rd century and their subsequent disappearance by the early 5th century.

In conclusion, by focusing on the study of personifications, this dissertation offers a fresh perspective on the "voies de la création" in early Christian iconography, unterstood as part of the broader visual culture of Late Antiquity.

Simon DIENST  
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Étude chronologique, économique et culturelle de la vaisselle du Piano della Civita à Artena (Latium) depuis la République romaine jusqu’à l’Antiquité tardive.

Thèse de doctorat réalisée à l’Université de Liège, sous la direction de Xavier DERU.

Soutenue à Liège le 7 septembre 2024 et délivrée sans mention (conformément au décret Bologne du 31 mars 2004). Membres du jury : Xavier DERU (secrétaire ; ULiège), Jan GADEYNE (Temple University of Rome), Séverine LEMAITRE (Université de Poitiers), Thomas MORARD (président ; ULiège) & Frank VERMEULEN (UGent).

Depuis bientôt trente ans, la terrasse artificielle du Piano della Civita à Artena, au sud-est de Rome, fait l’objet de fouilles belges, puis américano-françaises. Les campagnes archéologiques ont mis au jour une stratigraphie riche. Constituant la partie supérieure d’une ville républicaine, le site se transforme à la fin de la période pour accueillir une villa et des installations agricoles, évoluant au Bas Empire en une communauté rurale perdurant jusqu’au Haut Moyen Âge.

La vaisselle et les conteneurs en divers matériaux (céramique et verre) permettent de mieux comprendre cette succession d’occupations. Ces objets du quotidien apportent des précisions sur la chronologie des phases, fournissent des informations cruciales sur l’économie d’une région méconnue et offre un éclairage inédit sur l’alimentation et la culture matérielle des occupants des lieux.

Pour arriver à ces résultats, le mobilier provenant d’environ 70 sites et campagnes de prospections a été uniformisé. Cette actualisation des données est rendue possible par la création de nouvelles typologies dans le cadre de cette thèse. Des horizons de référence ont en outre pu être définis pour l’Italie centrale. Les analyses de la constitution de l’argile, allant de l’observation à l’œil nu jusqu’à l’utilisation de techniques d’analyses physico-chimiques novatrices auprès du Centre Européen d’Archéométrie, ont permis de mettre en évidence des réseaux d’approvisionnement encore ignorés. Ces travaux sur Artena et sur sa région fournissent un cadre de référence de première importance pour les futures recherches en céramologie en Italie centrale.

 

Chronological, Economic and Cultural Study of Ware from the Piano della Civita at Artena (Lazio) from the Roman Republic until Late Antiquity.

For almost thirty years, the artificial terrace of the Piano della Civita in Artena, south-east of Rome, has been the subject of Belgian, then American and French excavations. The archaeological campaigns have uncovered a rich stratigraphy. Constituting the upper part of a republican city, the site was transformed at the end of the period to become a villa and agricultural settlement, evolving in the Late Empire into a rural community that lasted into the Early Middle Ages.

Ceramic and glass ware and containers provide a better understanding of this sequence of occupations. These everyday objects shed light on the chronology of the different phases, provide crucial information on the economy of a relatively unknown region, and shed new light on the diet and material culture of the local occupants.

To reach these results, finds from about 70 sites and survey campaigns were harmonized. This updated data was achieved through the creation of new typologies within the framework of this thesis. Reference horizons have also been defined for Central Italy. Analyses of the fabrics, ranging from observation with dissecting microscope to the use of innovative physico-chemical analysis techniques at the Centre Européen d'Archéométrie, have revealed previously unknown supply networks. This work on Artena and the surrounding area provides a major foundation for future ceramic studies in Central Italy.

Grégory MAINET (aspirant FRS-FNRS)  
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Divisis angiportis et plateis constitutis. La rue comme témoin du développement urbain et social à Ostie.
Thèse de doctorat réalisée en cotutelle internationale entre l’Université de Liège et la Sapienza, Università di Roma, sous la direction de Thomas MORARD et Domenico PALOMBI, au bénéfice d’un mandat d’aspirant du F.R.S.-FNRS entre 2016 et 2020.

Soutenue à Liège le 18 juin 2021 et délivrée avec la mention « ottimo con lode ». Membres du jury : Aldo BORLENGHI (Lyon 2), Alessandro D’ALESSIO (PAOst), Xavier DERU (président ; ULiège), Thomas MORARD (secrétaire ; ULiège), Domenico PALOMBI (Sapienza) & Alessandra TEN (Sapienza).

La colonie d’Ostie, à l’embouchure du Tibre, présente un cadre d’exception pour étudier les développements et les usages de la rue au sein d’une ville antique : elle y joue en effet un rôle de premier ordre dans la formation de l’espace urbain, aussi bien que dans la constitution matérielle, sociale et symbolique de la cité. Mes recherches prétendent définir, à travers l’étude des éléments constitutifs de la rue, l’évolution des paysages urbains d’Ostie depuis la fondation du castrum au IVe s. av. J.-C. jusqu’à l’abandon de la cité à la fin de l’Antiquité. Au travers de ces évolutions, mon projet de thèse ambitionne également de mettre en exergue la pluralité des changements sociaux vécus au sein de cette ville portuaire.

Afin d’apporter un jour nouveau sur cette composante essentielle de la trame urbaine – la rue – trois pistes de recherches seront privilégiées : a) les principales transformations apportées aux voies de communication sont liées à des entreprises de rehaussements qui devront être identifiés et étudiés par une relecture systématique de la documentation produite lors de fouilles anciennes et récentes ; b) avec le soutien indispensable d’un Système d’Information Géographique, une réflexion devra être portée sur l’ensemble des équipements qui constitue ces rues – essentiellement intra-muros dans le cas qui nous intéresse – et contribue à la définition du paysage urbain de cette colonie ; c) des comparaisons avec d’autres villes antiques devront nécessairement être opérées, afin d’identifier les spécificités des rues d’Ostie parmi les colonies maritimes d’origine médio-républicaines et d’autres cités portuaires italiennes.

Aussi surprenant qu’il puisse paraître, à ce jour, aucune étude exhaustive n’a été produite sur le réseau viaire d’Ostie, contrairement à Pompéi, où plusieurs méthodologies ont été développées dans ce but. Mon projet de thèse cherchera à combler cette lacune, en mettant en œuvre ces méthodes, qu’il faudra adapter au contexte ostien.

 

Divisis angiportis et plateis constitutis. Developments and Uses of the Streets in Ostia.

The colony of Ostia, at the mouth of the Tiber, provides an exceptional framework for the study of the developments and the uses of the street inside an ancient city. The street plays a major role in the evolution of the urban area, as well as in the material, social and symbolic formation of the city. My research offers to define the evolution of the Ostian townscapes through the study of various components of the street, from the founding of the castrum in the 4th century BC until the abandonment of the city in the late Antiquity. Through this evolution, my thesis project also intends to highlight the variety of social changes which occurred in this port city.

In order to shed a new light on the street, this essential component of the urban structure, my study will focus on three topics: a) the major changes of the communication routes are related to the street enhancement which can be spotted and studied by a systematic re-examination of documentation of both earliest and most recent excavations; b) with the help of a Geographic Information System, I will consider the whole equipments (je ne comprends pas très bien le sens de ce mot dans la version française, essaie peut-être de trouver un terme moins spécifique mais qui garde toute de même le sens de ce que tu veux dire) constituting these streets – mainly intra-muros regarding my subject – and contributing to a definition of this colony’s townscape; c) comparisons with other ancient cities must of course be made in order to figure out the specificities of the Ostian streets compared to those of other maritime colonies with medio-republican origin and then to those of other Italian port cities.

As surprising as it might sound, no exhaustive study has ever been done on Ostia’s street network, whereas in Pompeii, numerous methodologies have been specifically developed. My thesis project offers to fill this gap by using these methods, adapted to Ostia.

Lucie MOTTA  
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La céramique tardo-républicaine en Italie centro-tyrrhénienne : établissement et confrontation des faciès du Latium septentrional et d’Etrurie méridionale entre le IIe s. et le Ier s. av. n.è.
Thèse de doctorat réalisée en cotutelle internationale entre l’Université de Liège et l’Université de Lyon, sous la direction de Xavier DERU (ULiège) et Armand DESBAT (Université de Lyon, CNRS, UMR5138).

Soutenue à Lyon le 14 janvier 2019 et délivrée sans mention (conformément au décret Bologne du 31 mars 2004). Membres du jury : Cécile BATIGNE-VALLET (CNRS), Xavier DERU (ULiège), Armand DESBAT (CNRS), Vincent JOLIVET (président ; CNRS), Thomas MORARD (secrétaire ; ULiège) & Gloria OLCESE (Università degli studi di Milano).

Les études menées jusqu’à présent sur les céramiques tardo-républicaines se sont cantonnées à des passages à visée purement chronologique au sein de publications de sites ou à des monographies, aujourd’hui en partie datées, qui ont cloisonné le matériel à l’intérieur de dynamiques catégorielles et diachroniques.

À travers les études des contextes inédits de la domus aux Bucranes à Ostie et les citernes 635 et 643 du marché de Musarna – croisés aux rares données publiées – cette recherche doctorale cherche à mettre en avant – en utilisant les principes peu employés de quantification – la logique des assemblages céramiques qui n’a jamais été entreprise pour cette période pourtant charnière de l’Histoire romaine. Ces informations permettront alors de raisonner sur les relations entre les aires géographiques que sont  le nord du Latium et l’étrurie méridionale mais aussi les évolutions chronologiques des faciès entre le début du IIème siècle et le milieu du Ier siècle avant notre ère et leurs incidences quant aux pratiques alimentaires. Il s’agira également, par l’apport des données stratigraphiques récentes, de voir dans quelle mesure il est possible affiner les typo-chronologies existantes.

 

The Tardo-Republican Ceramic in Central Italy. Establishment and Comparison of the Facies of Northern Latium and Southern Etruria between the 2nd and 1st Centuries BC

Studies led until now on Late Republican pottery are strictly considered as datation tool in excavations publications or limited in one-categroy monographs, partially dated today, which  isolate them in their own specific and diachronic dynamics.

Through the studies of the unpublished contexts of the Domus aux Bucranes at Ostia and the cisterna 635 and 643 of the market at Musarna – crossed to the rare published data – This doctoral research tries to put forward – by using the unused principles of quantification – the logic of the ceramic assemblies which was never drew for this important period of the Roman History. This information will allow to reason about the relations between the North of the Lazio and the Southern Etruria but also about the chronological evolutions of facies between the beginning of the 2nd century and the middle of 1st century BC and their incidences on food practices. By the contribution of the recent stratigraphical data, it will be necessary to see how it will be possible to refine the existing typo-chronologies.

 

Plus d'infos

 

Sommaire de thèse

Aurélie THIEBAUX (boursière de doctorat ULiège)  
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Les pierres à aiguiser dans le Nord de la Gaule romaine. Caractérisation, économie et fonction.

Thèse de doctorat réalisée à l’Université de Liège, sous la direction de Xavier DERU, au bénéfice d’une bourse de doctorat ULiège entre 2012 et 2016.

Soutenue à Liège le 7 mai 2018 et délivrée sans mention (conformément au décret Bologne du 31 mars 2004). Membres du jury : Catherine COQUELET (UCL), Xavier DERU (secrétaire ; ULiège), Gilles FRONTEAU (UReims), Eric GOEMAERE (Service géologique de Belgique, IRSNB) & Thomas MORARD (président ; ULiège).

Outils de l’outil, les pierres à aiguiser sont destinées à l’affutage d’ustensiles en métal : couteaux, faux, armes… Utilisées dans le cadre d’un métier ou tout simplement objets de la vie quotidienne, elles sont fréquemment retrouvées dans les fouilles, parfois en très grand nombre. Toutefois, l’intérêt scientifique porté à ces pierres est minime. Souvent citées, parfois décrites, elles font face à un étonnant vide dans la documentation. Cette thèse vise donc la caractérisation d’un mobilier inédit. Elle traitera aussi bien de la matière première que de la fabrication, l’utilisation, la commercialisation et la typologie de ces outils. Une réflexion sur l’outil, sa place dans les chaînes opératoires des activités agricoles, artisanales et domestiques en révèlera un témoignage pour la connaissance de la société romaine du nord de la Gaule. L’originalité de ce travail tient dans la combinaison d’analyses archéométriques et de démarches archéologiques.

 

Whetstones in Northern Gaul. Characterisation, Economy and Function.

Tools of the tool, whetstones are meant for the sharpening of metal utensils: knives, scythes, weapons… Used in the context of a profession or more simply objects of the daily life, they are often rediscovered in excavations, sometimes in great number. However, scientific interest for these whetstones is minimal. Often quoted, sometimes described, they encounter an astonishing void in literature. This thesis will aim to study and characterise an unpublished material. It will as well deal with the raw material, manufacturing, use, trade and typology of these tools. Thinking about the tool, its place in the operative chains of agricultural, craft and domestic activities will reveal a testimony to the knowledge of Roman society in northern Gaul. The originality of this work lies in the combination of archaeometric analyses and archaeological processes.

Stéphanie DERWAEL (aspirante FRS-FNRS)  
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Entre traditions et innovations. La tête végétalisée dans les décors romains : origine, diffusion et signification d’un thème ornemental.

Thèse de doctorat réalisée en cotutelle internationale entre l’Université de Liège et l’Université de Paris-Sorbonne, sous la direction de Thomas MORARD et Gilles SAURON, au bénéfice d’un mandat d’aspirant du F.R.S.-FNRS entre 2011 et 2015.

Soutenue à Liège le 31 août 2016, réussie avec mention Très honorable avec félicitations du jury. Membres du jury : François BARATTE (président ; Paris Sorbonne), Michel FUCHS (UniL), Thomas MORARD (secrétaire ; ULiège), Patrizio PENSABENE (La Sapienza), Vinciane PIRENNE-DELFORGE (ULiège) & Gilles SAURON (Paris Sorbonne).

La tête végétalisée est un témoin privilégié de la culture visuelle des Romains. Innovation de l’époque tardo-républicaine et proto-impériale, elle n’en demeure pas moins l’héritière du traitement formel de figures telles que la Rankenfrau et le Rankengott et d’un symbolisme végétal séculaire. Elle évoque une nature naissante ou renaissante qui ne possède pas encore les frontières du cosmos ordonné, et fonctionne comme une épithète iconographique permettant de mettre en évidence un aspect particulier d’un personnage, tel le dieu Oceanus. L’étude des spécificités culturelles et des traditions iconographiques des différentes régions de l’Empire romain, couplée à la mise en série et à l’analyse contextualisée des documents, permet de mettre en évidence les formes de diffusion, de réception et d’appropriation de ce thème ornemental, de sa naissance à son assimilation par le monde chrétien. A côté de tendances relativement homogènes communes à l’Empire, se dessinent quelques courants particuliers, comme l’enrichissement nord-africain de la forme océanique, le renouveau oriental de la bordure à rinceau peuplé héritée de la tradition picturalisante hellénistique, ou « l’humanisation du végétal » gallo-germanique. Entre traditions et innovations, la tête végétalisée du monde romain développe des spécificités iconographiques pérennes qui lui confèrent une signification inhérente à toute forme d’hybridité végétale, tout en permettant à différentes visions du monde de s’exprimer en elle sans se dissoudre.

 

Between Traditions and Innovations. The Foliate Head in Roman Decors : Origin, Diffusion and Meaning of an Ornamental Theme.

The foliate head is a privileged witness of the Roman visual culture. This innovation of the tardo-republican and proto-imperial period is the heiress of the formal processing of figures such as the Rankenfrau and the Rankengott and of a secular vegetal symbolism. It evokes a rising or returning nature which doesn’t possess the borders of the orderly cosmos, and works as an iconographic attribute which highlights a particular aspect of a character, such as the god Oceanus. The study of the cultural specificities and the iconographic traditions of the various regions of the Roman Empire, combined with the serial approach and the in-context analysis of the documents, allows to highlight the various forms of diffusion, reception and appropriation of this decorative theme, from its birth to its assimilation by the Christian world. Next to relatively homogeneous trends common to the Empire, some particular tendencies take shape, such as the North African enrichment of the oceanic shape, the oriental revival of the border with peopled scroll inherited from the Hellenistic naturalistic tradition, or the Gallo-Germanic « humanisation of the plant ». Between traditions and innovations, the foliated head of the Roman world develops long-lasting iconographic specificities which confer it a meaning inherent to any shape of foliate hybridity, although it allows various views of the world to be expressed in it without being dissolved.
 

modifié le 23/01/2026

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